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 Sermon et promesse

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Hannraoi C. V. Middwyf
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MessageSujet: Sermon et promesse   Jeu 16 Avr - 0:04

Sermon et promesse

Hannraoi & Órfhlaith

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Le bureau royal était comme un antre recouvert de tapisseries rouge vif. Ses murs de briques grises, son éclairage aux chandelles assez discret et son parfum de cire fondue procurait une sensation de sécurité et d'intimité qui avait quelque chose d'apaisant. Pourtant, Hannraoi y passait souvent des heures sombres à travailler sur ses édits royaux. Ces textes de lois complexes, nécessitant l'aval du conseil pour être appliqués, requéraient de la réflexion et du temps. Beaucoup de temps. Ce jour-là, le Souverain du Nord travaillait sur un nouveau projet de taxe pour la Noblesse. C'était délicat, mais nécessaire. Il estimait que les roturiers étaient déjà assez accablés par les impôts royaux comme ça. Les Nobles, en revanche, jouissaient d'une certaine tranquillité fiscale qui n'avait pas échappé au Roi. Hannraoi espérait donc que cette idée serait approuvée par ses conseillers, bien qu'il en doutait.

Alors qu'il réfléchissait à la formulation de son dixième paragraphe, tout en trempant sa plume dans de l'encre noir de jais, quelqu'un frappa avec délicatesse à sa porte. Sans lever le nez de son texte, le Souverain lança en soupirant
Entrez.
L'impromptu s'exécuta : il s'agissait de Theodin, un membre de la garde royale chargé de surveiller les allées et venues des habitants du château pour le compte du Roi. Hannraoi leva les yeux vers le garde et le salua d'un signe de tête pour ensuite se replonger dans son texte, d'un air blasé.
Votre Majesté, Theodin le salua d'une révérence contenue mais respectueuse. Veuillez excuser mon irruption.

Ce n'est rien
, l'interrompit Hannraoi. Je suppose qu'elle est totalement légitime.

En effet. Répondit le garde d'un ton assuré. C'est au sujet de la Princesse Órfhlaith.
À ces mots, le Souverain interrompit son ouvrage. Il se redressa et fixa Theodin d'un air ouvertement inquiet. Le Roi savait que sa fille était en cavale depuis plus de vingt-quatre heures. Il avait chargé son interlocuteur actuel de l'avertir si la Princesse était aperçue aux abords du château, ou s'il entendait quoi que ce soit la concernant. Et manifestement, c'était le cas. Hannraoi s'accouda à son bureau de chêne, tout ouïe. Theodin comprit alors qu'il avait toute son attention et poursuivit.
Je vous annonce qu'elle est rentrée il y a quelques minutes. Elle a tenté de passer par la porte sud, qui est la moins gardée mais mes hommes l'ont repérée et ramenée à ses quartiers. Il se tut avant d'ajouter. Nous avons essayé de savoir où elle s'était rendue durant tout ce temps, mais ce fut en vain. La Princesse refuse toute discussion.
Le Roi grogna. Sa fille l'agaçait. L'enfant insouciante et docile qu'il avait connue jadis était maintenant devenue une jeune femme impétueuse et un petit peu trop indépendante pour une princesse. Ses fugues régulières étaient l'un des soucis principaux du Roi. Non seulement, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour sa fille qui prenait des risques inconsidérés en s'aventurant toute seule dans le Royaume, mais en outre, Hannraoi devait également affronter les critiques du conseil et les ragots de la Noblesse. Il savait qu'on le disait irresponsable, et que certaines mauvaises langues prétendaient qu'un père ne pouvant tenir son enfant ne pouvait tenir un Royaume. Même s'il n'était pas du genre à se soucier des cancans, il savait l'importance que pouvait avoir une réputation. Et en ce moment, Órfhlaith dépassait les bornes. Justement, le Roi pensait avoir trouvé une solution pour calmer les ardeurs aventureuses de sa fille et il était temps qu'elle sache, même s'il savait qu'elle l'accepterait difficilement. Le Roi se tourna vers Theodin après un instant de réflexion.
Vas la chercher. Nous avons à parler, elle et moi.
Le garde acquiesça et s'inclina avant de quitter la pièce. Hannraoi resta alors quelques secondes à contempler la paperasse qui l'entourait. À sa mort, ce serait à Órfhlaith de gérer tout ça... Et elle n'était pas assez mature ni assez appliquée. Il lui faudrait encore du temps avant de devenir une Souveraine digne de ce nom. Plongé dans ses inquiétudes et anxieux à l'idée de retrouver sa fille, le Roi commença alors à trier ses documents et à ranger son bureau. Ensuite, il se leva et alla s'asseoir sur la méridienne qui bordait la fenêtre au fond de la pièce. La nuit tombait petit à petit sur le Royaume. Le Souverain se plut à contempler le crépuscule qui semblait presque annoncer un avenir sombre et froid.


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Órfhlaith Middwyf
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MessageSujet: Re: Sermon et promesse   Jeu 16 Avr - 10:54


Le froid des plaines enneigées était toujours sur ma peau lorsque je rejoins enfin le château après deux jours dehors. J'avais passé ces deux jours en compagnie de Nuallan, le jeune homme que j'ai rencontré il y a de cela près de trois mois. Il était comme moi, pensait comme moi, et je ne savais pas qui il était. Je ne connaissais de lui que son prénom, il ne connaissait de moi que le mien. Notre relation nous convenait. Pendant ces deux jours, nous avions mis à l'épreuve nos compétences respectives au tir à l'arc. Nous avions terminé sur une égalité. La compétition n'en serait que plus rude à notre prochaine escapade. Cependant, il fallait bien que je rentre un jour, sous peine de recevoir des remontrances de la part de mon père. Généralement, si je ne m'absentais pas trop longtemps, il ne me faisait qu'une simple remarque, discrète et rapide. Alors, j'avais pris l'habitude de faire ce que je voulais, c'est-à-dire profiter de la liberté que je prenais !

Lorsque j'arrivai en vue du château et alors que j'allais ramener mon cheval à l'écurie pour le laisser l'écuyer dragonnier Patrick, avec qui j'avais fait un pacte récemment, des gardes de mon père m'interceptèrent. J'étais prise en flagrant délit. Je soupirai et les suivis non sans leur faire comprendre que la situation ne me plaisait pas. Siobhán en faisait de même en leur grognant dessus tout le long du chemin jusqu'à mes quartiers. Ils essayèrent bien de savoir où j'étais partie et avec qui j'y étais allée, aucun mot ne sortit de ma bouche à ce sujet : ils ne sauraient rien, jamais ! C'était de l'ordre de ma vie privée, et personne n'avait à l'apprendre. De plus, je craignais que si un jour c'était le cas, je ne puisse plus jamais rejoindre cet étranger avec qui je m'entendais si bien.

J'avais refermé violemment la porte pour les empêcher d'entrer, mais je savais pertinemment que deux gardes étaient restés pour me surveiller et m'empêcher de sortir. Mon père devait être fâché, ou dans un mauvais jour, pour m'infliger cela. Mais soit, je pris le parti de me débarbouiller rapidement et d'enfiler une tenue plus convenable pour une princesse, délaissant mes vêtements de voyage bien chauds. Je rangeai également mon arc au fond de ma garde de robe, bien camouflé par les tissus des robes bouffantes. J'eus à peine le temps de peigner mes cheveux avant qu'on ne frappe à la porte. Theodin m'informa de l'autre côté que mon père me demandait. Je jetai un dernier coup d’œil au miroir : j'aurais pu être mieux apprêtée, mais je n'en avais pas eu le temps. Mon père devrait se contenter de ça, tant que je n'aurais pas vu mes suivantes.

Affichant un sourire figé mais satisfait, je sortis de ma chambre, accompagnée par ma fidèle louve.

« Quelle impatience, je viens seulement de rentrer et déjà il vient me quérir ! » lançai-je à Theodin en affichant un air contrarié. « Eh bien soit, je m'en vais le rejoindre. »

J'avais espéré pouvoir y aller seule, mais c'était sans compte le fait que Theodin avait peur que je ne m'enfuie à nouveau. Pourtant, je ne portais pas une tenue correcte pour sortir du château par ce froid hivernal, il aurait dû s'en douter ! Il est vrai que j'aurais très bien pu faire des détours et des détours pour faire patienter mon père, c'était bien mon habitude. En plus, j'avais faim, et un petit passage par les cuisines n'aurait pas été de trop. Mais je n'en eus pas le loisir. Je fus bientôt face à son bureau, où Theodin m'introduisit. Il nous laissa ensuite tous les deux. Ou tous les trois, puisque Siobhán était avec moi.

Le roi était installé sur la méridienne près de la fenêtre, le regard perdu au loin. Je me raclai la gorge pour lui faire comprendre que j'étais là, avant de m'adresser à lui :

« Qu'y avait-il de si urgent pour que vous me fassiez demander alors que je revenais à peine de mon voyage ? »

J'avisai alors la corbeille de fruits posée sur son bureau et m'en approchai, me saisissant d'une pomme dans laquelle je croquai rapidement, avant de la cacher dans mon dos. Je savais qu'il était malpoli de parler en mangeant, mais je mourrais de faim.




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Hannraoi C. V. Middwyf
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MessageSujet: Re: Sermon et promesse   Jeu 16 Avr - 12:30

L'immense porte du bureau royal tourna sur ses gonds. Sans détourner le regard, Hannraoi devina qu'il s'agissait de sa fille. Celle-ci se racla la gorge pour signaler sa présence. Le roi tourna vers elle un regard à la fois soulagé et tendre. Órfhlaith lui rappelait un peu l'adolescent qu'il fut autrefois avant de monter sur le trône, mais elle était encore plus sauvage et imprévisible qu'il ne l'avait été jadis. Le Souverain la scruta quelques instants et remarqua que la Princesse avait fait l'effort de se changer. C'était déjà ça. Bien sûr, elle n'était pas assez présentable pour une apparition publique mais il était son père, pas un vulgaire étranger. Hannraoi remarqua également que Siobhán se tenait à ses côtés, docilement assise. La Louve avait les yeux presque aussi bleus que ceux de sa fille. Et la présence de l'animal avait quelque chose de réconfortant pour le Roi. Les cheveux en bataille et le regard assuré, la jeune femme lui demanda avec une pointe d'impertinence ce qu'il avait de si urgent à lui dire pour la convoquer dès son retour.

Le Roi se leva pour s'avancer vers sa fille et ce faisant, son expression changea. Bien qu'il le regrettait quelque peu, il devait raffermir son emprise sur elle et lui faire comprendre le danger de sa conduite. Hannraoi savait que ce ne serait pas chose aisée - surtout pas avec ce qu'il avait à lui annoncer - mais il fallait bien mettre les choses au point un jour ou l'autre. Le Roi s'en voulut presque d'avoir autant tardé et de s'être montré aussi clément avec la Princesse qui ne semblait pas se rendre compte de la chance qu'elle avait. Il la toisa et s'arrêta à quelques mètres d'elle.
Ce "voyage", parlons-en. Vous arrive-t-il de réfléchir à l'imprudence de votre conduite? J'ai toujours été très tolérant avec vous. Je n'ai jamais cherché à vous enfermer ici et je sais combien il est difficile d'être l'héritier d'un Royaume aussi grand... À ces mots, il repensa brièvement à son éducation stricte de Prince aîné. On ne pouvait pas dire qu'Órfhlaith était logée à la même enseigne. Et ça devait changer. Mais n'oubliez pas que vous êtes une Princesse. Ces vagabondages doivent cesser pour de bon.
Il se dirigea ensuite vers son bureau et s'appuya de ses poings sur le bois de chêne. Je ne sais ce que vous faites durant vos fugues. Et je ne cherche pas à le savoir. Mais par les temps qui courent, c'est devenu un risque inutile et inconsidéré. Il conclut, le ton ferme. Désormais, j'attends de vous un comportement exemplaire. Nous reprendrons vos leçons dès demain et tâcherons de combler vos lacunes de future Souveraine du Nord.

Il leva des yeux déterminés vers sa fille. Il ne fallait pas qu'il montre une once d'hésitation, ou la discussion pourrait basculer. Avez-vous quelque chose à ajouter?


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Órfhlaith Middwyf
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MessageSujet: Re: Sermon et promesse   Ven 17 Avr - 12:45


Il se tourna bientôt vers moi et je vis son regard inspecter ma tenue. Même si elle n'eut pas l'air de le satisfaire entièrement (ce qui était normal, au demeurant), il ne dit rien à ce propos. Par contre, il commença à me parler de ma petite escapade. Dès le début, je compris qu'il était très sérieux et qu'il n'était pas content. Pire encore, il parlait en roi, et non plus en père : si je l'avais vouvoyé pour me venger de cet accueil qui ne me convenait guère, lui me vouvoyait parce qu'il devait me parler en tant que roi, et me sermonner en tant que tel. Par son attitude, il y avait quelque chose de plus grave que mes escapades, je le sentais. Et je m'en méfiais tout autant que cela m'inquiéta.

J'écoutai attentivement son petit sermon sur le fait qu'il avait toujours été très tolérant avec moi, qu'il n'avait jamais cherché à me priver de ma liberté, que c'était difficile d'être l'héritière de ce grand Royaume, mais que je ne devais pas pour autant oublier qui j'étais. Bien sûr, je le savais, mais je voulais profiter de cette liberté tant que je le pouvais encore. Après tout, je n'avais encore que seize ans !

Lorsqu'il m'asséna que mes escapades devaient cesser définitivement, je lui jetai un regard noir. Je voulus répliquer mais ses poings sur le bois de son bureau m'empêchèrent de dire un mot, tandis que lui continuait. Je l'écoutai, bien que des dizaines de répliques de contestation se bousculaient dans ma tête. Et je n'étais pas réputée pour être très patiente ou pour réfléchir avant d'agir, surtout lorsque mes sentiments étaient mis à mal. Selon le roi, mes vagabondages étaient un risque inutile et inconsidéré, et je devais à présent afficher un comportement exemplaire. Il ajouta également que mes leçons reprendraient dès le lendemain, afin de combler mes lacunes. Si cela avait été possible, il aurait pu apercevoir des flammes de colère dans mes yeux. Lorsqu'il me demanda si j'avais quelque chose à ajouter, me fixant droit dans les yeux, je ne pus plus retenir le flot de paroles qui tentait de se déverser.

« Vous ne pouvez pas m'interdire de sortir du palais ! Vous savez très bien que je ne supporte pas de rester enfermée ici. J'assiste à tous les conseils auxquels vous me conviez, je ne rate jamais l'une de vos leçons sans une excuse en bonne et due forme. J'estime avoir déjà le comportement exemplaire que vous me réclamez ! En échange, laissez-moi ma liberté. Je ne suis pas encore reine, et je ne le serai pas avant fort longtemps. Du moins je l'espère. Vous êtes encore jeune, vous dirigerez longtemps et aurez encore tout ce temps pour m'apprendre à vous succéder. »

Sans m'en rendre compte, mes gestes avaient dévoilé la pomme que je cachais derrière mon dos. Je la déposai sur la table auprès de laquelle je m'étais postée, reprenant ensuite.

« Vous-même m'avez affirmé à maintes reprises à quel point vous étiez fougueux en votre temps. Ne puis-je pas être comme vous ? Vous me connaissez, vous savez que je ne suis pas imprudente et que je ne me mets pas en danger inconsidérément. »

Sur ce dernier point cependant, je n'étais moi-même pas très convaincue. Mon caractère voulait que j'agisse avant de réfléchir. Mais lors de mes escapades, je restais tout de même prudente, et je ne révélais jamais mon identité à quiconque. Ce n'était généralement pas nécessaire car il était rare que je croise d'autres personnes dans ces étendues enneigées.

« Je refuse d'abandonner cette liberté », conclus-je d'un ton ferme. Je savais que je m'adressais au roi et que je n'aurais normalement pas dû lui parler de la sorte, mais cela m'importait peu. Il était aussi mon père, et je me devais de lui faire part de mes sentiments.



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MessageSujet: Re: Sermon et promesse   Ven 17 Avr - 19:34


Hannraoi avait espéré - peut-être stupidement - qu'Órfhlaith se plierait à ses ordres sans trop de protestations. Mais il savait également que ces espoirs étaient vains. Sa fille était comme ça : elle n'hésitait jamais à lui dire sa façon de penser, quelle qu'elle soit. Le Roi l'appréciait pour cette franchise, même si parfois cette honnêteté avait de quoi le froisser. Et aujourd'hui, il regrettait que l'héritière du Trône ne se montre pas plus mature et obéissante. Bien sûr, le Roi pouvait comprendre sa façon de penser. Il avait de l'empathie pour elle, bien plus que pour n'importe qui d'autre, mais son devoir de Roi devait passer avant ses sentiments de père. Il baissa la tête lorsque la Princesse répondit avec une certaine virulence et soupira. Hannraoi sentait la tension monter. S'il était très clément et compatissant, il ne supportait pas d'être contesté et surtout quand il se savait en droit. Néanmoins, le Souverain se retint d'interrompre sa fille et la laissa s'exprimer jusqu'à ce qu'elle finisse par se taire. Tout en parlant, Órfhlaith avait dévoilé une pomme qu'elle devait avoir prise de la corbeille se situant sur le bureau. Hannraoi comprit qu'elle devait mourir de faim pour se permettre un tel comportement, mais tout de même. La Princesse reposa alors la pomme et poursuivit.

Órfhlaith lui avait tout d'abord rappelé qu'elle avait déjà un comportement exemplaire et que sa liberté était tout ce que le Roi pouvait lui offrir en échange. Elle évoqua le fait qu'il était dans la force de l'âge et qu'il avait encore de nombreuses années devant lui. Ensuite, la jeune femme lui rappela que lui aussi s'était montré impétueux dans sa jeunesse et avança qu'elle ne prenait pas de risques inconsidérés en quittant le Château. En guise de conclusion, elle réaffirma ne pas vouloir abandonner cette liberté. Hannraoi leva un regard dur vers sa fille. Il la savait rusée. Órfhlaith, tout en étant sincère, n'avait pas manqué de le rassurer quant à la longueur de son règne qu'elle espérait long. Et pourtant, cela n'effaçait pas le reste de son discours qui était loin de convenir au Souverain.
Celui-ci, décidant de continuer à vouvoyer sa fille qui ne méritait rien d'autre, leva l'index d'un air menaçant. Vous avez tort : j'ai parfaitement le droit de vous interdire de sortir. Si je ne le fais pas, c'est parce que j'estime qu'il y a d'autres solutions mais si vous poursuivez sur cette voie, cela finira par arriver. Et comment pouvez-vous prétendre savoir ce qui adviendra demain? Dois-je vous rappeler qu'une guerre se prépare? Nul n'est à l'abri. Ni vous ni moi. On pourrait très bien me poignarder, m'empoisonner, je pourrais tomber au champ d'honneur... Vous devriez alors assurer la bonne gestion du Royaume et ce ne sont pas vos escapades qui vous y aideront. Vous avez déjà 16 ans, cela signifie que dans deux années, vous serez en âge de régner et deux années, c'est très peu.
Il contourna le bureau et s'avança vers Órfhlaith qui lui faisait toujours face. Siobhán ne broncha pas. Quand j'avais votre âge, rien ne laissait présager que notre Royaume serait divisé aussi injustement. J'ai vécu la paix. Aujourd'hui les choses ont changé et nous devons nous adapter. En vous déplaçant seule, loin de toute surveillance, vous devenez une cible facile pour les brigands ou les espions du Sud. Comme je vous l'ai dit, une guerre se prépare. Ce qu'il vous faut à présent ce n'est pas cette liberté illusoire, c'est un abri, c'est de la sécurité.
Il ne pouvait s'empêcher d'envisager le pire : Órfhlaith aux mains de l'ennemi. Ce serait une véritable catastrophe et le Roi savait qu'il deviendrait complètement vulnérable si ça arrivait. Hannraoi ne voulait pas y penser mais l'attitude de la Princesse ne pouvait que l'inquiéter et éveiller cette angoisse.


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MessageSujet: Re: Sermon et promesse   Lun 27 Avr - 10:14


Mon père rétorqua qu'il avait parfaitement le droit de m'interdire de sortir, me lançant un regard dur et levant son index d'un air menaçant. Je soutins son regard sans broncher, mais je lui signalai par la lueur dans mes yeux que ses paroles ne me plaisaient pas. Non, pour moi, il n'en avait pas le droit ! Pourtant, il était bel et bien en train de me menacer d'en arriver là. Il ne manqua pas non plus de me rappeler une énième fois qu'une guerre se préparait. Mais ne pouvait-on pas souffler un instant et ne plus penser à toute cette violence qui allait se déchaîner ? Je devais bien avouer que je ne comprenais pas toujours tous les tenants et les aboutissants de ce conflit. Ils étaient frères, ne pouvaient-ils pas vivre en paix en se partageant le territoire ?

Il n'hésita pas à me rappeler que dans deux ans, je serais en âge de régner. Je ne le savais que trop, et chaque je voyais ma liberté disparaître un peu plus. Il fallait que je sois plus ci, plus ça. Que je sois comme il le voulait. J'aimais mon père, sincèrement, mais parfois je me sentais étouffée par ses prérogatives. Et par les responsabilités qu'il m'avait attribuées en me mettant au monde...

« Croyez-vous vraiment que mon oncle irait faire une telle chose ? Vous êtes frères, après tout. Vraiment, je ne comprends pas vos rancunes... Vous m'avez toujours appris à me méfier de tous, même de mes plus proches amis, même de ma famille. Devrais-je aussi me méfier de vous ? Croyez-vous que nous pourrions entrer en guerre pour une simple querelle ? Pensez-vous que je m'en prendrais à Mórrighan ou à un mon frère ou ma sœur qui n'est pas encore né ? Je ne le pourrai jamais. Et je suis certaine qu'oncle Estham ne le pourrait pas non plus. »

Je ne connaissais pas bien mon oncle car les deux frères étaient en conflit depuis bien des années. Mais les souvenirs que je gardais d'Estham étaient bons. J'étais certes très jeune, je n'avais pas cinq ans, mais je me souvenais de son sourire et de sa bonne humeur. Il m'offrait des fleurs et me complimentait. Pourquoi tout cela aurait-il changé ? Pourquoi aurait-il voulu me faire du mal à présent ?

« Père, Siobhán m'accompagne toujours. Vous me l'avez offerte pour qu'elle me protège après la mort de mère. Il ne peut rien m'arriver, car elles veillent toutes les deux sur moi. Elles sont toujours avec moi. »

J'étais sincère. Mais j'espérais que mes paroles pourraient le faire changer d'avis. Je ne voulais pas abandonner cette liberté qui me tenait tant à cœur. Il devait comprendre que je ne risquais rien.



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